Public and parliamentary support for a treaty banning nuclear weapons

May 11, 2016

The following statement was delivered by Philine Dressler on 11 May 2016 at the UN open-ended working group on nuclear disarmament in Geneva:

This week a handful of states have spoken out against the proposal for a treaty banning nuclear weapons. Notably, all are states that claim protection from the nuclear weapons of an ally. All are states that consider it acceptable, in certain circumstances, to employ these ultimate weapons of mass destruction – which have unavoidable catastrophic humanitarian consequences.

The true reasons for their opposition to a treaty banning nuclear weapons are rarely stated. They argue, disingenuously, that such a treaty will be ineffective in advancing nuclear disarmament, when, in truth, they understand very well its transformative potential. They understand that it will compel them to rule out any role for nuclear weapons in their military doctrines.

When negotiations on the treaty begin, these states in nuclear alliances will find it exceedingly difficult to stay away. Their parliaments will call upon them to participate. Their media will ask pointed questions. Their citizenry will rise up and demand a ban. Even in this pre-negotiation phase, debate has been raging in many of these states over their resistance to this proposal.

  • Just a fortnight ago, in the Netherlands, the parliament adopted a motion urging the government to pursue, in this working group, “the start of negotiations on a international ban on nuclear weapons”. 85 per cent of Dutch citizens agree: nuclear weapons should be banned.
  • In early March this year, the majority of Norwegian parliamentarians voiced their support for “an international prohibition on nuclear weapons”. 77 per cent of Norwegian citizens stand behind this objective.
  • In Australia, the Labor party – which could form government just two months from now – adopted a new policy platform last year firmly supporting the negotiation of a global treaty banning nuclear weapons. 84 per cent of Australian citizens agree with that position.
  • The Germany public, too, is overwhelmingly supportive: 93 per cent of citizens want nuclear weapons to be banned just as chemical and biological weapons have been banned; 85 per cent want US nuclear weapons removed from German soil.

Mr. Chairman,

In the world of disarmament diplomacy, it seems that we are suffering from a democracy deficit. It seems that the policies of certain states, as presented to this working group, do not properly reflect the will of the people or their elected representatives.

It must be said that the so-called “progressive approach” to nuclear weapons, as championed by states in nuclear alliances, is neither progressive nor new. It is the step-by-step approach by yet another name. That approach has long failed to yield meaningful results. Simply restating past commitments will not take us any closer to a nuclear-weapon-free world.

While the co-sponsors of the so-called “progressive approach” paper may endorse the ultimate goal of a nuclear-weapon-free world – as, indeed, do the nuclear-armed states – they have shown little willingness, as yet, to modify their own behaviour to help get there.

Four and a half decades after the NPT entered into force, how can it be acceptable still to host nuclear weapons on one’s territory? How can it be acceptable still to participate in nuclear-war-planning activities? How can it be acceptable still to claim protection from a so-called “nuclear umbrella”?

These states in nuclear alliances are adept at recommending particular courses of action for nuclear-armed states to follow, but their own record on implementing Article VI of the NPT leaves much to be desired. The precarious state of that treaty today is, to some degree, attributable to their inaction.

They urge us to focus on “common ground”, not differences. They warn of the “further fragmentation” of the international community – seemingly oblivious to the divisiveness of their own actions, not least of all the hosting of nuclear weapons.

After years of broken promises by nuclear-armed states, it would be futile – indeed reckless – to continue pursuing yet more lowest-common-denominator outcomes of the kind routinely brokered at NPT meetings. Instead, states that favour disarmament must join forces to create strong new treaty-based norms.

Fierce resistance to a treaty banning nuclear weapons is inevitable. States with these weapons, and their allies, are intent on keeping them. They believe these weapons afford them prestige in international affairs. But that perception will soon change – when a ban is negotiated.

 

En français

Durant cette session, un petit groupe d’États a pris position contre la proposition d’un traité d’interdiction des armes nucléaires. Il est notable que tous ces États invoquent un besoin de protection qui serait assuré par les armes nucléaires de leurs alliés. Tous ces États considèrent donc que l’utilisation d’armes de destruction massive serait acceptable dans certaines circonstances, malgré leurs conséquences humanitaires catastrophiques indéniables.

La vraie raison de leur opposition à un traité d’interdiction des armes nucléaires n’est que rarement elucidée. Ces États prétendent qu’un tel traité ne permettrait pas de faire avancer le désarmement nucléaire. En réalité, ils ont pleinement conscience de son pouvoir de transformation. Ils réalisent bien qu’un tel traité les contraindra à exclure les armes nucléaires de leurs doctrines militaires.

Lorsque les négociations sur le traité d’interdiction débuteront, ces États membres d’alliances nucléaires auront du mal à garder leur distance. Leurs parlements feront pression pour qu’ils y participent. Leurs médias soulèveront des questions précises. Leurs citoyens se mobiliseront pour exiger qu’ils prennent part aux négociations. Même à ce stade de pré-négociations, le débat sur leur resistance à un traité d’interdiction fait rage dans un grand nombre de ces États.

  • En effet, il y a à peine 15 jours, aux Pays-Bas, le parlement a adopté une résolution demandant au gouvernement de soutenir, dans le cadre de ce groupe de travail, (je cite) “le commencement de negociations d’un traité d’interdiction des armes nucléaires”. 85% des citoyens néerlandais s’accordent pour dire que les armes nucléaires doivent être interdites .
  • Début mars, la majorité des parlementaires norvégiens ont exprimé leur soutien à (je cite) “l’interdiction internationale des armes nucléaires”. 77% des citoyens norvégiens appuient cet objectif.
  • En Australie, le Parti Travailliste – qui pourrait être au  gouvernement d’ici deux mois – a adopté  l’an dernier un nouveau programme politique qui soutient clairement la négociation d’un traité international d’interdiction des armes nucléaires. 84% des citoyens australiens sont d’accord avec cette position.
  • Le public allemand s’est lui aussi exprimé sans réserve: 93% des citoyens réclament que les armes nucléaires soient interdites; 85% veulent même que les armes nucléaires américaines soient retirées de leur territoire.

Monsieur le Président,

Il semble que le monde de la diplomatie du désarmement souffre d’un déficit démocratique. Il semble que la politique de certains États, telle qu’elle est représentée dans ce groupe de travail, ne reflète pas de facon adéquate la volonté de leurs citoyens, ni celle de leurs élus.

Il convient de constater que l’approche dite “progressive”, telle qu’elle est promue par les Etats membres d’alliances nucléaires, n’est en réalite ni progressive, ni nouvelle. Il s’agit de “l’approche étape par étape” sous couvert d’un nouveau nom.  Cela fait longtemps que cette approche n’a pas donné de résulats significatifs. La simple réitération d’engagements passés ne nous mènera pas à la réalisation d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Bien que les États qui ont présenté le document de travail sur ladite “approche progressive” soutiennent le but ultime d’un monde exempt d’armes nucléaires – comme le font d’ailleurs les pays possesseurs de l’arme nucléaire – ils n’ont jusqu’alors fait preuve que de peu de bonne volonté de changer leur propre position afin de contribuer à l’atteinte de ce but.

Quatre décennies et demi après l’entrée en vigueur du TNP, comment peut-on accepter que des armes nucléaires soient encore stationnées sur son territoire? Comment peut-on accepter encore de contribuer à la planification d’activités prévoyant l’utilisation d’armes nucléaires ?

Et comment peut-on accepter l’invocation d’une protection dudit “parapluie nucléaire”?

Les États membres d’alliances nucléaires semblent habiles pour recommander aux États dotés d’armes nucléaires de suivre certaines mesures, mais leur propre performance quant à la mise en oeuvre de l’Article 6 du TNP laisse à désirer. L’état précaire dans lequel se trouve aujourd’hui ce traité peut, dans une certaine mesure, être attribué à leur inaction.

Ces États nous demandent de nous concentrer sur un terrain d’entente, plutôt que sur nos differences. Ils nous avertissent qu’une division accrue aurait lieu au sein de la communauté internationale – apparemment inconscients qu’ils sont eux memes responsables de cette division du fait de leur acceptation d’armes nucléaires sur leur territoire.

Après des années de promesses brisées par les États dotés d’armes nucléaires, il serait futile – voir irresponsable – de poursuivre  la trajectoire du moindre dénominateur commun caractéristique du TNP. Les États en faveur d’un réel désarmement doivent s’unir pour créer de nouvelles normes, claires et basées sur un traité.

Un traité d’interdiction soulèvera certainement de fortes resistances. Les États qui possèdent ces armes, ainsi que leurs alliés, ont l’intention de garder leurs armes nucléaires. Ils pensent que ces armes leur procurent une protection et un prestige au sein de la communauté internationale – mais il est certain que cette perception sera amenée à changer d’ici peu, quand un traité d’interdiction sera négocié.

Download statement →



  • aiweiwei

    “Let’s act up! Ban nuclear weapons completely and unconditionally.”

    Ai Weiwei Artist and activist

  • sheen

    “If Gandhi and Martin Luther King Jr were alive today, they would be part of ICAN.”

    Martin Sheen Actor and activist

  • bankimoon

    “I salute ICAN for working with such commitment and creativity.”

    Ban Ki-moon Former UN chief

  • yokoono

    “We can do it together. With your help, our voice will be made still stronger. Imagine peace.”

    Yoko Ono Artist

  • jodywilliams

    “Governments say a nuclear weapons ban is unlikely. Don’t believe it. They said the same about a mine ban treaty.”

    Jody Williams Nobel laureate

  • desmondtutu

    “With your support, we can take ICAN its full distance – all the way to zero nuclear weapons.”

    Desmond Tutu Nobel laureate

  • herbiehancock

    “Because I cannot tolerate these appalling weapons, I whole-heartedly support ICAN.”

    Herbie Hancock Jazz musician

  • dalailama

    “I can imagine a world without nuclear weapons, and I support ICAN.”

    Dalai Lama Nobel laureate